HISTOIRE: discription 1

Chapitre 1

           Le monastère de la Dormition de Bakhchisaraï se situe non loin de la frontière nord de la ville de Bakhchisaraï, dans le profond défilé nommé chez les Tatars « Meriem », c'est-à-dire le défilé de Marie, qui est entouré des deux côtés par d’immenses falaises droites dont la hauteur atteint jusqu'à 70 sagènes.
Le monastère se trouve dans un des lieux de Crimée les plus déserts et majestueux en même temps. Selon les dires des témoins oculaires, cette localité ressemble à celle de la chartreuse de Guéorgui Hozevit située près de Jérusalem, célèbre par son aspect désertique sauvage. Les restes des diverses végétations couvrant tout le ravin, témoignent qu’un bois épais s’étendait ici autrefois, et que, des siècles durant, la proximité même de la capitale du khan ne pouvait exterminer.
          Pendant les derniers siècles, une colonie grecque s’est longtemps abritée aux pieds du rocher ; ses restes représentent aujourd’hui des cavernes servant aux Grecs d’habitations. Cette localité s'appelait Marianopol ou le village de Marie, du nom l’icône de la Mère de Dieu Panaguia apparue au rocher. Ce village est mentionné déjà dans le célèbre Livre du Grand Plan, donc, au plus tard au XVI siècle ; et dans les notes de voyage menées par notre ambassade à Tavrida  en 1625, on dit entre autres, que nos ambassadeurs, au terme des affaires chez le khan, avant de regagner la patrie, faisaient leur prière de remerciement dans le village de Marie, c’est-à-dire au rocher de la Dormition. Les chrétiens grecs, vivant au voisinage avec les musulmans tatars, supportaient de la part de ces derniers de constantes oppressions. Sous le joug des Tatars sauvages et fanatiques, les chrétiens éprouvaient tous les revers de fortune avec une rare abnégation: ils partaient dans les bois et cavernes, où ils se consacraient entièrement au service de Dieu. Certains chrétiens vivaient simplement dans les cavernes, d’autres fondaient des monastères. Les monastères attiraient particulièrement l'attention des Tatars en tant que principal support de la vie religieuse et morale des chrétiens : ils les détruisaient et brûlaient les livres sacrés. Les chrétiens reconstruisaient ces monastères, mais les Tatars les détruisaient à nouveau de fond en comble. Au XV siècle, la plus grande partie de la Crimée du sud avec tous les chrétiens est passée sous la domination des Turcs. Les Grecs vivaient à présent entre deux peuples confessant l'Islam : les Turcs et les Tatars. C’est à partir de cette époque-là que commencent les temps pénibles pour les chrétiens de Crimée. La religion musulmane a  embrassé toute la péninsule de Crimée. Les relations tendues se sont établies entre les Turcs et Tatars d’une part et les chrétiens de l’autre; et pour ces derniers, sont arrivés les temps difficiles des adversités et des persécutions. Les chrétiens de Tavrida ont perdu courage dans la lutte inégale contre les musulmans et lorsqu’il ne leur restait manifestement aucun espoir de sauver leur foi et le christianisme ne devait disparaître, sur l’inabordable rocher de Bakhchisaraï, au centre de l’islamisme, s’est manifestée l'image de la Mère de Dieu. Voici ce qu’en dit la légende populaire, sauvegardée pour nous par les écrivains russes de XVII siècle :
          « Il était autrefois dans ces montagnes rocheuses (où se trouve aujourd’hui le monastère), un dragon, qui dévorait des hommes et des animaux, et à cause duquel les gens quittèrent ces lieux ; mais les Grecs et les Géniens, y habitant à la même époque, priaient la Sainte Mère de Dieu la suppléant de les délivrer de ce dragon. Une nuit, on aperçut dans la roche une bougie allumée. Ne pouvant pas escalader la montagne escarpée, on tailla un escalier dans la roche. Arrivé là-haut, où était allumée la bougie, on trouva l’Icône de la Mère de Dieu et la bougie allumée devant elle. Dans la joie, on rendit grâce à Dieu qui délivra son peuple du dragon. On découpa celui-ci en morceaux qu’on brûla. Et depuis ce temps, les habitants de ces lieux s’y réunissent souvent pour prier la Sainte Mère de Dieu.
         Une autre légende raconte: "il y a bien longtemps, le berger d'un prince, prénommé Mikhaïl, fit entrer son troupeau dans l’actuel ravin de la Dormition et il vit sur le rocher, à 10 mètres  de la terre, l'icône de la Mère de Dieu et devant elle une bougie. Frappé par le miracle, il en informe ses chefs, et quand cette nouvelle arrive au prince, il ordonne de faire descendre l'icône et la transférer dans une maison se trouvant dans les montagnes voisines. Malgré la vénération, avec laquelle le propriétaire accepta l'icône, le lendemain elle n’était plus dans la maison :

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